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Bonjour à tous,
Chez nous, en province de Liège et plus précisément dans l'arrondissement de Verviers, les concours de chants de pinsons se font toujours ils deviennent plus rares et moins fréquentés mais la tradition est toujours là. Il n'y a pas encore très longtemps, avant que je ne passe au canaris de couleurs, je faisais partie de la société des pinsoniers de Stavelot, nous étions dans l'association de la SOGEPIN (aujourd'hui dissoute) maintenant elle est reprise sur la FOW. La différence entre les concours flamands (et je pense aussi dans le Hainaut), c'est que chez nous à la raye, espèce de barrière à laquelle on suspend nos cages (coffres à pinson) à +/- 2 mètres du sol et en face de nous (aussi à +/- 2 mètres), les cages sont ouvertes sur le devant et l'on marque les coups sur une fiche de marquage tandis que chez les flamands, les cages sont posées au sol, la devanture est opaque et c'est l'amateur à coté de soi qui marque les coup de vos pinsons sur une baguette de bois. Pièce jointe 105681 Le fait que nos cages soient ouvertes, permet au pinson de voir tout ce qui se passe, le bras du pinsonier qui bouge, les oiseaux qui passent (parfois l'épervier qui rôdait dans le coin), la femelle, ou l'amourette (mâle) du poste qui vient voir tous ses prétendants(ou concurrents). Tout ça fait que nos oiseaux sont souvent "perturbés" et donc cessent souvent de chanter. Les meilleurs comptabilisaient rarement plus de 600-650 coups sur une heure. Evidemment comme c'est une "compétition", il fallait compter sur bon nombre de tricheries, pinson "drogués" pour les calmer, mine de crayon taillée pour avoir 2 pointes et donc marquer 2 coups... Il faut savoir qu'il y a plus de 400 chants différents chez les pinsons, allant du "vidju" au "sprieu" en passant par le "rodicabiaw..." et suivant les régions on entend tel ou tel chant plus fréquemment. Pour qu'un coup de chant soit déclaré "bon", il doit comprendre 3 étapes, le ciselage, le bran et la finale, exemple : sit sit sit (ciselage), tchè tchè tchè (bran) vidju (la finale). Certains pinsons ne remplissent pas ces conditions, certains "cassent" leur chant et ne le terminent pas , en wallon, on les appelle "hotcheu" par contre d'autres doublent leur chant et quand ils recommencent la totalité du chant, on les appelle "doubleur" et l'on peut marquer 2 coups. Avant l'heure de concour, il y a l'heure (ou la 1/2 heure) d'entrainement, c'est leur de "gairillage". Les concours commencent souvent vers Pâques et se terminent début juillet. Chaque amateur a "sa recette" pour préparer les pinsons pour qu'il chantent plus. On les empêchent souvent de chanter le jour avant en les mettant dans le noir, devant la femelle, devant un autre mâle ou encore devant un miroir. Je me souviens que pour un de mes pinson, il fallait que je le "promène" dans le bois avant d'aller à la raie. Certains doivent se déguiser (lunettes de soleil, chapeau...) pour que les pinsons ne reconnaissent pas leur éleveur car il agissent comme devant la femelle et ne chantent plus, ils "trapstaillent" comme on dit dans notre langage de pinsonnier. On leur donnait souvent aussi une bonne ration de vers de farine ou de sauterelles en partant pour qu'ils les mangent pendant l'heure de gairillage et qu'ils ne mangent plus trop pendant l'heure de concour... Bref, c'est un passe temps bien charmant et très "prenant" dans lequel on apporte toute notre attention à nos protégés. Mais malheureusement, les pinsons de propre élevage sont nettement moins "bons" en concours que les sauvages et donc avec la suppression de la tenderie, les contrôles plus fréquents et la perte d'intérêt des jeunes pour la nature, ce beau hobby, témoin de nos traditions se perd peu à peu. Voici ma petite expérience dans le domaine... |
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